Partir travailler aux USA par Zoé

Malgré un taux de chômage à 4 %, il n’est pas évident pour un étranger d’obtenir un job aux États-Unis. Même s’il s’agit du pays le plus riche au monde, les personnes en recherche d’emplois simples et donc peu rémunérés restent nombreuses. Et pour ceux qui souhaitent tenter leur chance, le problème n’est pas tant de trouver un job que d’obtenir un visa leur permettant de travailler. Dans ces conditions :

  • Comment un expatrié français peut-il espérer travailler aux USA ?
  • A quels visas peut-on prétendre en tant qu’expatrié français ?
  • Où trouver des offres d’emploi aux États-Unis ?
  • Comment se déroulent les entretiens d’embauche ?

Grâce à son expérience, Zoé du blog fewmilesaway.com va nous donner quelques pistes très utiles.

Décider du visa le mieux adapté à votre situation d’expatrié

Je m’appelle Zoé, j’ai 27 ans et je suis expatriée à San Francisco depuis maintenant 6 ans. Aujourd’hui, je travaille pour une branche du gouvernement français basée à l’étranger, employée par le ministère des affaires étrangères. Je ne suis malheureusement pas qualifiée pour vous parler des différents types de visas et en quoi cela vous engage mais vous pourrez obtenir tous ces renseignements sur le site de l’immigration américaine.

La seule chose que je peux vous dire avec certitude c’est que : oui, il vous faut un visa. Et, non, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de venir chercher du travail aux USA (et surtout travailler !) sans un visa. L’immigration américaine n’hésitera pas à vous faire repartir dès votre arrivée dans un avion pour la France si vous jouez à ce petit jeu.

Passeport américain

Plusieurs visas permettent de travailler aux États – Unis

Le visa de travail H1B, très demandé depuis quelques années, est maintenant soumis à une sorte de loterie. Cette nouvelle mise en place diminue les chances des nombreux demandeurs de visas. Mais il reste d’autres visas qui permettent de travailler temporairement aux USA. Avant même de vouloir s’expatrier, la meilleure des choses à faire est de devenir incollable sur les visas. Puis de définir celui qui correspond le mieux à votre projet professionnel. Au tout début de mon expatriation je connaissais la liste par cœur. J’en ai d’ailleurs eu trois à mon actif : F1, B2, et le numéro gagnant H4.

Quel visa pour pouvoir travailler aux États-Unis ?

Brièvement, voici à quoi cela correspond :

  • Visa F1 : un visa étudiant qui m’a permis de prendre des cours d’anglais et de faire un petit stage en entreprise.
  • Visa B2 : un visa touriste longue durée. Comparé au visa ESTA classique qui vous permet de rester 3 mois aux USA, le visa B2 vous donne 6 mois. Valable pendant 10 ans.
  • Visa H4 : j’ai obtenu le visa H4 suite à mon mariage, il s’agit d’un visa de conjoint travaillant aux USA.

Beaucoup de visas ne sont pas destinés à vous faire accéder au marché du travail. Mais ils peuvent être accompagnés d’une carte de travail temporaire, notamment pour les conjoints d’expatriés.

Commencer par mobiliser son réseau social

Une manière efficace de trouver du travail aux États-Unis est de faire jouer son réseau personnel ou professionnel. Pas forcément évident sur un poste à l’étranger où on ne connaît pas grand monde.

La première chose à faire est de chercher auprès de vos connaissances (amis, famille, le fils du voisin). Mais également auprès de votre université avec le réseau des anciens élèves. Si vous êtes sur place, vous avez la possibilité de créer directement ce réseau dans votre nouveau pays d’accueil. Pou cela, participez à des soirées et des événements networking, du style apéro, pour lier l’utile à l’agréable.

networking

Première étape de votre recherche : le Networking

Et bien sûr, si ce n’est pas déjà fait, il est temps de vous créer un compte sur le réseau social Linkedin et de le mettre à jour correctement. Beaucoup de recruteurs et chercheurs de têtes utilisent ce site aux USA pour repérer de futurs employés.

Trouver les offres qui vous correspondent le mieux

Il existe une quantité infinie de sites d’offres d’emploi, les plus connus d’entre eux étant Indeed.com, careerbuilder.com, etc. Vous pouvez rechercher directement les entreprises qui vous intéressent et voir quelles offres d’emploi elles ont publiées sur leur site Web. Sur certains sites, la démarche est maintenant simplifiée : après avoir créé votre compte et téléchargé votre CV il vous suffit de cliquer sur « postuler » en bas de l’offre.  

Mais parmi les nombreux sites d’offres d’emplois, l’un d’entre eux sort du lot : Craigslist. C’est le site qui m’a permis d’obtenir le plus d’entretiens, c’est en quelque sorte notre « Bon Coin » à l’américaine. Au milieu des offres de logement, les ventes de meubles, etc…. vous trouverez de nombreuses offres d’emploi. La recherche semble parfois titanesque, comme chercher une aiguille dans une botte de foin, mais avec le bon mot clef il se peut que vous tombiez sur l’offre de vos rêves.

La carte EAD, préalable à la recherche d’emploi aux États-Unis

Après 5 mois de démarches pour obtenir ma carte verte sans le droit de travailler ou de quitter le territoire américain j’ai enfin vu le bout du tunnel en ouvrant ma boite aux lettres. Je découvrais avec enchantement ma carte EAD (Employment Authorization Document). Cette carte était le sésame pour commencer ma recherche d’emploi. Pour décrocher mon premier job aux États-Unis (premier job de ma vie d’ailleurs). Pour ceux que ça intéresse, je parle d’ailleurs de tout mon processus d’expatriation pour vivre aux USA en détail sur mon blog.

Carte EAD

La carte EAD, précieux sésame pour commencer à travailler

Quelles spécificités pour le CV et la lettre de motivation aux USA ?

J’ai alors mis à jour mon CV à la mode américaine : ici pas de photo, pas de date de naissance ou de statut. Les phrases sont changées en « Bullet Points », vous l’avez compris on va à l’essentiel. Pas de chichis ni de perte de temps en détails inutiles. De plus, aux USA, les recruteurs sont très sensibles aux candidats qui s’investissent dans des activités sociales ou humanitaires, cela montre que le candidat est volontaire et investi.

Il est également préférable de détailler sur quelques lignes les actions réalisées dans chacun des précédents postes. Aux États-Unis les recruteurs se concentrent avant tout sur les tâches que vous avez accomplies par le passé. Ils s’intéressent donc bien plus à ce que vous savez faire, plutôt qu’au nom des entreprises pour lesquelles vous avez travaillé.

Concernant ma lettre de motivation ou « cover letter » comme on dit ici, j’ai utilisé un modèle unique que j’ai ensuite personnalisé pour les différentes offres. C’est une grosse erreur de penser qu’une seule lettre de motivation pourra convenir à toutes les offres. La « cover letter » est un outil indispensable pour trouver du travail aux États-Unis. Elle doit exprimer votre personnalité et votre motivation, et être en adéquation avec l’offre de l’entreprise.

Comme je le disais plus haut, j’ai en grande partie utilisé le site Craigslist. Je cherchais les dernières offres en utilisant différents mots-clefs pour être sûre de cibler celles qui me convenaient le mieux. Avec mon CV à l’américaine et plusieurs lettres de motivation pour différents secteurs j’étais prête à affronter le monde du travail. J’ai donc envoyé mes documents à toutes les offres qui me plaisaient de près ou de loin (parfois de très loin). Et ceci même si je ne correspondais pas à tous les critères de l’offre.

Réussir son entretien en mettant toutes les chances de son côté

Parmi les dizaines et dizaines d’emails envoyés j’ai eu quelques touches pour des entretiens : une goutte d’eau dans un océan. C’est même parfois décourageant de passer sa journée à envoyer des e-mails et de se réveiller avec une boîte mail complètement vide le lendemain. Assez frustrant de vivre dans la Silicon Valley et de ne pas savoir coder une ligne. Mon profil ne correspondait pas trop au marché de la Tech qui domine la ville.

Malgré tout, j’ai eu quelques entretiens téléphoniques ou « on site ». Je les acceptais systématiquement pour me servir d’entraînement dans la perspective du jour où le travail de mes rêves se présenterait. Les entretiens, c’est la partie stressante de la recherche d’emploi. Mais ce niveau de stress est doublé lorsqu’on ne maîtrise pas correctement la langue.

Chewing gum

Ne commettre aucune erreur durant l’entretien d’embauche…

Il faut bien se mettre dans la tête qu’on est en concurrence avec des locaux. Eux n’ont pas la barrière de la langue ou bien des difficultés à s’exprimer correctement en anglais. Il n’y a rien de plus contrariant que d’avoir plein de choses à dire et ne pas arriver à les exprimer clairement. Et donc de ne pas se vendre correctement auprès de l’employeur. Une de mes plus grosses erreurs a été de limiter mes phrases pour limiter mes erreurs d’anglais. Et ce n’est surtout pas la bonne technique à adopter.

Alors un bon conseil pour mettre toutes les chances de votre côté et réussir votre entretien (surtout si vous n’êtes pas complètement bilingue) : préparez-vous correctement avant. Faites une liste des points clefs ou des points à aborder lors de l’interview. Préparez les réponses aux questions incontournables des entretiens. Enfin, faites une petite recherche sur l’entreprise qui veut potentiellement vous recruter pour montrer votre intérêt.

Et surtout, point important, pensez toujours à envoyer un email de remerciement après avoir eu votre entretien.

Quelles questions lors d’un entretien d’embauche aux USA ?

Pour vous faire une petite idée, voici quelques questions classiques que les recruteurs peuvent posee le Jour J :

  • « Tell us about yourself ? » (parlez nous de vous). Il s’agit d’une question très personnelle dont le but premier est de vous vendre, de faire une bonne impression, mais également d’anticiper la question « Why should we hire you ? »
  • « Why did you apply for this job ? » (Pourquoi avez-vous postulé pour cet emploi ?). Il faudra montrer dans votre réponse votre intérêt pour cette entreprise et votre motivation pour le poste. Vous pouvez également répondre en reprenant certains points de l’offre : « I believe I have the necessary skills and abilities for…. »
  • « What are your greatest professional strengths ? » (Quelles sont vos plus grandes forces professionnelles?). Choissez vos qualités qui correspondent le mieux au poste, comme par exemple que vous travaillez très bien en équipe si vous devez intégrer une team. Si cette question vous est posée, attendez vous à la suivante : « What do you consider to be your weaknesses ? »
  • « Do you have any questions for us ? » (Avez-vous des questions à nous poser ?). Poser des questions montre votre intérêt pour le poste, mais cela vous donne également l’opportunité d’en connaître un peu plus et de savoir si cet emploi vous correspond vraiment.

Travailler aux États-Unis quelles différences avec la France ?

Encore une fois, je réponds à cette question avec mon expérience mais j’imagine que chaque entreprise est différente.

Les employeurs américains se focalisent davantage focalisés sur vos qualités humaines. Le parcours scolaire ou votre manque d’expérience ne sont pas forcément un obstacle dans votre recherche d’emploi. Il est donc possible de se faire embaucher même si on est peu qualifié pour un poste ou qu’on n’a pas un CV de compétition. Mais uniquement si votre recruteur vous pense capable d’apprendre vite et si vous vous montrez motivé et déterminé.

Lorsque je compare avec mes amis qui travaillent en France, j’ai l’impression que le rapport à la hiérarchie est également très différent. Aux États-Unis, particulièrement dans les start-up, la hiérarchie est très accessible et « friendly ». Mais malgré cette proximité vous pouvez aussi vous faire virer du jour au lendemain. C’est aussi ça les États-Unis, moins de protection pour l’employé.

Travail en équipe

Ambiance de travail sympa mais sans filet

Un point négatif ? Les vacances ! Et oui… finies les nombreuses semaines de congés payés. Ici les jours off se comptent sur les doigts des mains.

Si je peux vous donner un dernier conseil dans votre recherche d’emploi aux États-Unis : Foncez ! Jetez vous à l’eau et ne vous démotivez pas si vous n’avez pas de réponses à vos mails. Continuez votre recherche, seuls les plus motivés sortiront du lot.

Et Good Luck !

Partir travailler aux USA par Zoé
5 (100%) 1 vote

LAISSER UN COMMENTAIRE