Travailler en Nouvelle-Zélande avec Lucie

La Nouvelle-Zélande considère l’immigration comme un atout et favorise donc une politique d’immigration choisie. Il faut dire que le pays est en quasi plein emploi (avec un taux de 4.3 % en janvier 2019) et manque de plusieurs dizaines de milliers de travailleurs qualifiés (entre 40.000 et 50.000 rien qu’à Auckland).

Par ailleurs, les Français sont perçus comme consciencieux et compétents. Selon les estimations, ils sont entre 5 000 et 10 000 à être venus vivre et travailler en Nouvelle-Zélande. Sans compter les jeunes qui ont un permis vacances-travail (PVT). Globalement, ce ne sont pas les secteurs qui manquent : bâtiment, ingénierie, technologies de l’information et tourisme recrutent à tour de bras.

Installée à Auckland depuis 2018, Lucie nous partage dans cet article son expérience et bien plus encore sur son blog MyTourDuGlob. À la clé pour elle en Nouvelle-Zélande, moins de stress et une qualité de vie incomparable. 

L’expatriation au gré du vent, un mode de vie

Je m’appelle Lucie et je vis maintenant en Nouvelle-Zélande après être allée travailler en Angleterre (presque 8 ans) et la Roumanie (un an). Même si je suis diplômée en langues étrangères appliquées, je travaille en fait dans le marketing en ligne depuis que j’ai fini mes études.

En juillet 2018, mon copain et moi-même avons décidé de partir vivre en Nouvelle-Zélande pour changer d’air. Nous n’avions pas de ville en particulier en tête donc nous avons décidé d’aller là où l’un d’entre nous pourrait trouver un job. C’est comme cela que nous sommes venus vivre et travailler en Nouvelle-Zélande, et plus précisément à Auckland.

Auckland

Auckland, ville mondiale du fait de ses importants échanges commerciaux et de sa culture
(Crédits : Hayden J. Weal)

Demander un permis vacances travail néo-zélandais ?

La Nouvelle-Zélande a un taux de chômage relativement bas, 4.3% d’après les dernières statistiques. Trouver un petit boulot est relativement facile, tel que jeune fille au pair par exemple. C’est aussi un pays qui propose le Programme Vacances Travail (PVT) ou Working Holiday Visa (WHV) en anglais. C’est un visa qui permet aux ressortissants français de travailler légalement dans n’importe. Et ceci dans n’importe quelle industrie durant leur séjour en Nouvelle-Zélande de 12 mois. La demande se fait en ligne au plus tard l’année de vos 30 ans. Il faut compter environ 130 euros et deux semaines d’attente. En somme, c’est relativement simple.

Fruit picking en Nouvelle-Zélande

Un petit boulot de fruit picking : simple à trouver en Nouvelle-Zélande
(Crédits : Pixabay)

Mais voilà, le PVT Nouvelle-Zélande c’est bien quand on a moins de 30 ans et qu’on ne compte pas rester plus de 12 mois dans le pays (il existe des extensions de visa sous certaines conditions). Pour prétendre rester plus longtemps, il faut obtenir un visa de travail temporaire ou un visa de type résident. Mais ceux-ci ne sont délivrés que sous certaines conditions assez strictes. Par exemple, l’employeur doit être en mesure de prouver à l’Immigration qu’il n’a pas pu recruter de locaux pour ce poste ou qu’il faut un minimum d’années d’expérience.

Comment trouver un travail en Nouvelle-Zélande ?

Avant de partir, j’ai obtenu un Essential Skills Visa. La condition principale pour faire une demande de visa de ce type, c’est d’avoir une proposition d’embauche en CDI ou en CDD dans un domaine qui rencontre des difficultés de recrutement (car l’employeur devra prouver qu’il n’a pas pu recruter localement). Sans cela, inutile d’en faire la demande, vous perdrez votre temps et votre argent.

J’ai commencé par chercher du travail en Nouvelle-Zélande depuis l’Angleterre sur le site Seek mais également sur Linkedin. Mais on trouve à peu près les mêmes offres sur les deux sites. Selon ce que j’ai pu observer, les secteurs qui recrutent sont principalement la restauration, la vente, l’agriculture (en dehors d’Auckland), la comptabilité, la construction, l’informatique, le marketing, la santé et le tourisme. Après, il faut aussi savoir que certaines professions sont réglementées.

Le tourisme recrute en Nouvelle-Zélande

Le tourisme : un secteur qui recrute en Nouvelle-Zélande
(Crédits : Turisttotal)

J’ai donc postulé à deux offres uniquement et décroché mon premier emploi avec l’une de ces entreprises. J’ignorais que ma compétence faisait partie était en fait assez recherchée ici. Je m’attendais à devoir postuler pendant plusieurs mois avant de trouver du travail mais non. Seulement six semaines ont passé entre le moment où j’ai commencé à chercher un emploi et l’offre d’embauche.

Trouver un emploi en Nouvelle-Zélande peut donc être relativement facile selon le secteur dans lequel vous travaillez. Sauf qu’après avoir décroché un emploi, il me fallait encore avoir l’autorisation de travailler en Nouvelle-Zélande, mon futur pays d’accueil via un permis de travail.

Faire un CV en Nouvelle-Zélande

CV type en Nouvelle-Zélande

Le cv néo-zélandais suit le modèle britannique
(Crédits : Pixabay)

Le curriculum vitae néo-zélandais suit le modèle britannique. Il faut passer rapidement sur les diplômes mais détailler son expérience professionnelle.

L’idéal reste de décrire ses principaux ‘achievements’ dans chacun de ses postes. Par exemple : si vous avez doublé le revenu d’un client grâce à un projet ou dépassé certaines attentes…

Cela varie beaucoup d’un emploi à l’autre donc à vous de voir ce qui est pertinent selon votre expérience.

Pas de photo, et inutile d’indiquer votre date de naissance non plus. Le CV et la lettre de motivation se font évidemment en anglais.

En ce qui concerne les diplômes, certains ont un équivalent très facile à expliquer : licence, master et doctorat sont assez similaires.

Il faut parfois expliquer que le master dure deux ans en France. Pour des diplômes comme le BTS par exemple, il faudra expliquer que c’est un diplôme qui ne vient pas d’une université.

Ayant vécu en Angleterre ces dernières années j’avais déjà un CV au bon format. Il fallait simplement le mettre à jour. Petit conseil : quand vous êtes à la recherche d’un job à l’étranger, essayez de vous faire relire par un natif afin d’éviter les petites fautes. En effet, obtenir un visa implique que vous visez un emploi qualifié sur le marché de l’emploi. Donc envoyer un CV plein de fautes à votre future entreprise ne passera pas. Et bien sûr, si votre niveau d’anglais nécessite une mise à jour, pensez à prendre des cours avant votre départ.

Comment bien préparer son entretien d’embauche ?

En Nouvelle-Zélande, la langue de travail est bien évidemment l’anglais. Pour obtenir un emploi qualifié, il faut donc le parler couramment. Mais n’ayez aucune inquiétude si vous avez un accent ou si vous cherchez vos mots de temps en temps. En effet, ce n’est pas un problème. Il n’est pas nécessaire d’être parfaitement bilingue pour se faire embaucher.

Comme pour tout emploi, vous devrez passer des entretiens avant de peut-être obtenir une offre. J’ai passé tous mes entretiens sur Whatsapp car Skype n’a jamais voulu fonctionner. Pour le poste que j’ai obtenu, il y a eu trois entretiens au total. Voici pourquoi il est préférable de parler anglais correctement.

Préparer son entretien d’embauche

L’accent français n’est pas rédhibitoire en entretien d’embauche
(Crédits : Alternatif Bank)

J’ai passé le premier avec la personne qui occupait le poste pour lequel je postulais. Le second s’est déroulé avec son chef et le troisième avec l’un des directeurs de l’entreprise. Le premier était assez technique mais les deux suivants m’ont plutôt donné l’impression d’une conversation informelle. En comparaison, en Angleterre, les étapes 2 et 3 sont plutôt l’occasion de tests et de questions poussées tandis que la première est une discussion détendue.

Trouver un emploi en Nouvelle-Zélande ?

Juste ici, en téléchargeant :
Les 140 sources pour trouver un emploi en Nouvelle-Zélande

Dans ce document, vous trouverez :

  • - tous les sites web, groupes Facebook, agences, journaux,...
  • - des sources ciblées pour les francophones
  • - une hiérarchisation des sources par secteur, ville, région,...

Avec un seul objectif : l'expatriation !

L’enregistrement n'a pas pu être sauvegardée. réessayez svp.
Merci de ta confiance. C'est envoyé dans ta boîte mail !

Voici par exemple quelques questions qui m’ont été posées, certaines étant spécifiques au fait que je sois une étrangère souhaitant m’installer en Nouvelle-Zélande :

  • Parler de soi/expériences passées
  • Êtes-vous autorisé à travailler en Nouvelle-Zélande ?
  • Quelles sont mes compétences ?
  • Quelles sont mes spécialités dans le domaine (points forts/points faibles) ?
  • Comment je ferais dans telle ou telle situation ?
  • Est-ce que j’ai déjà géré une équipe ?
  • Où je me vois dans quelques années ?
  • Pourquoi je veux déménager en Nouvelle-Zélande ?
  • Pourquoi je veux quitter mon entreprise actuelle ?

S’installer en Nouvelle-Zélande avec un Essential Skills Visa

Quel visa pour votre recherche de travail ?

Dans la mesure où l’Essential Skills Visa demande plusieurs semaines de préparation, j’avais fait une demande de PVT histoire de pouvoir travailler directement en arrivant et en attendant d’avoir un visa plus « stable ». Comme je le disais plus haut, la procédure est simple et rapide pour obtenir un PVT ce qui fait qu’en entretien d’embauche quand la question du visa vous sera posée, vous pourrez dire que même si vous n’avez pas encore de visa de travail qui vous autorise à travailler plus de 12 mois, vous avez quand même un PVT qui vous permet de travailler pendant que vous faites une demande d’Essential Skills Visa ou visa-résident.

Essential Skills Visa approved

Obtenir son Essential Skills Visa nécessite de la persévérance
(Crédits : Pixabay)

L’Essential Skills Visa, c’est autre chose. En effet, on vous demande de fournir beaucoup de documents :

  • Diplômes (copies certifiées conformes pour les documents en français),
  • Certificats qui prouvent que vous êtes formé à telle ou telle compétence,
  • Contrat de travail avec le montant de votre salaire annuel,
  • Déclaration de l’employeur et/ou agence de recrutement prouvant qu’ils ont activement cherché à recruter en Nouvelle-Zélande sans succès,
  • Copie de passeport,
  • Police Certificate et/ou extrait de casier judiciaire (vu que j’habitais en Angleterre, j’ai dû en fournir un britannique et un français, avec copie certifiée)…

Quelles sont les démarches administratives pour les expatriés ?

S’expatrier en Nouvelle-Zélande signifie que vous devez aussi passer une visite médicale. Elle leur permet d’estimer si vous serez potentiellement une charge pour le système de santé néo-zélandais. Mieux vaut ne pas avoir certaines maladies…

Vu que je partais en couple, j’ai du prouver ma relation avec mon compagnon britannique :

  • Montrer des photos personnelles (avec famille et amis),
  • Partager des SMS et autres messages personnels,
  • Éditer des billets d’avion avec nos deux noms,
  • Des réservations d’hôtels, AirBnb à nos deux noms,
  • Retranscrire des conversations où nos amis faisaient référence à nous en tant que couple,
  • Apporter des factures à nos deux noms,
  • Envoyer des contrats de location,
  • Écrire “l’histoire de notre relation”…

Autant vous dire que maintenant, nous nous assurons d’avoir tout à nos deux noms !

Une fois tous ces documents rassemblés, nous avons créé un fichier pdf bien organisé (avec table des matières, parties, sous-parties) que nous avons envoyé aux services de l’immigration néo-zélandaise, gérés par le Ministry of Business, Innovation and Employment.

Service de l’immigration néo-zélandaise

La demande de visa se fait auprès du Ministère du Commerce, de l’innovation et de l’emploi
(Crédits : Ministry of Business, Innovation & Employment)

Sur leur site, ils annonçaient qu’il fallait compter deux mois pour traiter la demande d’Essential Skills Visa alors qu’en fait, ils ont pris en charge nos demandes en l’espace de deux semaines.

Alors, comment obtenir le visa ? En fait, c’est assez simple : il n’y a pas à se déplacer, l’immigration néo-zélandaise envoie un pdf avec votre visa sur l’espace personnel que vous avez créé sur leur site internet pour faire votre demande de visa. Toute la communication se passe aussi directement sur leur site. Il me semble qu’on peut demander une version papier à ajouter sur le passeport mais je ne l’ai pas fait donc je ne connais pas la procédure.

Les limites de l’Essential Skills Visa

Selon mon expérience personnelle, ce visa est pratique car on l’obtient rapidement. Étant donné que l’immigration m’a accordé un visa pour 5 ans, j’ai le temps de voir venir. Ce sont les agents de l’immigration qui décident de la durée de votre visa. Elle est basée sur des critères qu’eux seuls connaissent. Cela va de 1 à 5 ans pour ce visa.

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Mais son problème principal, c’est qu’il est lié à l’employeur. Je dois donc rester avec l’employeur qui m’a sponsorisé. Sachez qu’ici le “sponsoring” consiste pour l’employeur à écrire une lettre de motivation expliquant qu’il a cherché des locaux, puis à fournir le contrat de travail rapidement pour qu’on puisse commencer la procédure. Par ailleurs, tous les frais liés au visa restent à votre charge. C’est aussi un visa “non résident”, ce qui signifie qu’on ne peut pas acheter de propriété par exemple.

Enfin décoller pour la Nouvelle-Zélande

Une fois que vous avez le visa en poche et votre CDI, il ne vous reste plus qu’à partir travailler en Nouvelle-Zélande. À l’arrivée dans votre nouveau pays d’adoption, les formalités administratives sont relativement simples:

  1. Aller au bureau de poste le plus proche muni de votre passeport et de votre justificatif de domicile (même Airbnb est accepté) pour faire une demande d’IRD number. C’est votre numéro de sécurité sociale qui vous permet de venir travailler légalement dans le pays. Ils m’ont envoyé le mien en 48 heures.
  2. Ouvrir un compte en banque : j’avais fait une demande de pré-ouverture de compte avant de partir et pris RDV dans une branche de ma future banque. J’ai donc pu ouvrir un compte bancaire dès mon arrivée.
Air New Zealand

La Nouvelle-Zélande : un pays à la portée des expatriés français
(Crédits : Pixabay)

Cela fait maintenant presque 7 mois que je vis à Auckland et même s’il y a beaucoup de similitudes avec l’Angleterre, je suis encore en phase de découverte et d’adaptation. Je pense rester quelques années et demander la résidence (ce qui me permettra notamment de pouvoir changer d’entreprise si besoin). Est-ce que j’y resterais pour toujours ? On verra bien ! En attendant, tentez votre chance pour venir travailler en Nouvelle-Zélande.

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