Travailler en Chine avec Cid

Avec 65 millions d’emplois créés sur les 5 dernières années, le marché de l’emploi en Chine reste dynamique. Attirés par la croissance de la seconde puissance économique mondiale et des salaires chaque année en hausse, les ressortissants français se font de plus en plus nombreux en Chine. Mais malgré tout, la concurrence est rude pour les occidentaux et la barrière de la langue pas forcément simple à surmonter.

Attirée par la culture chinoise, Cid est partie à la conquête de la muraille de Chine et nous retrace son parcours professionnel. Aller ainsi en Chine, avec le choc culturel que cela implique, reste encore aujourd’hui une expérience unique. C’est cette expérience qu’elle retrace dans son blog TheyCallMeStranger.

Une étrangère dans l’Empire du Milieu

Le territoire chinois compte plus de 600 000 résidents étrangers, et je suis l’une d’entre eux. On m’appelle Cid, mais ici on m’appelle Suxinli, Su Xiaojie 苏小姐 (Mademoiselle Su), Xiao Su 小苏 (petite Su) ou encore l’étrangère.

Laowai 老外, waiguoren 外国人, il existe beaucoup de termes en mandarin pour qualifier un étranger dans l’Empire du Milieu. Mon préféré est Waiguo Pengyou 外国朋友, l’ami étranger. C’était l’idée derrière le nom de mon blog Theycallmestranger, ils m’appellent l’étrangère.

En terre pas si inconnue

La Chine, c’est un territoire immense, des paysages très variés, une population considérable, et une culture différente, disons plutôt DES cultures très différentes de la nôtre. Ce pays me fascine depuis toujours.

Je commence à m’y intéresser de plus près quand je rentre au lycée, en choisissant une option chinois LV3. Ce qui était à la base une simple curiosité revêt alors une importance capitale dans le reste de mon parcours. Je continue donc en Licence de Langues Étrangères, anglais et chinois. En 3e année, je pars pour étudier un an en Chine, plus précisément à Nankin (Nanjing) et là, j’ai un véritable coup de foudre pour la Chine. Mon intérêt pour ce pays ne fait alors que grandir.

Université en Chine

Partir étudier en Chine est un véritable tremplin
(Crédits : Pixabay)

Je décide donc de poursuive mes études supérieures en Master spécialisé Asie Pacifique, dans le but d’acquérir une certaine expertise sur la Chine. Diplômée, je commence à m’intéresser au domaine de l’éducation au sens large. Et c’est en France que je décide de me poser pour une première expérience professionnelle, en tant que chargée de projets internationaux, dans les programmes de mobilité internationale.

Quelques années plus tard, en 2016, malgré quelques voyages sur place, l’appel de la Chine continue de résonner dans ma tête. Je décide donc de tout plaquer pour partir y vivre. Voila pourquoi je suis aujourd’hui Chargée d’affaires internationales dans une université à Shenzhen, dans le sud du pays.

Des difficultés de partir vivre en Chine

Opportunité professionnelle, challenge personnel, poursuite d’études, envie de changement, les raisons qui poussent les Français à partir, en Chine ou ailleurs, sont nombreuses.

Hormis la peur de partir vivre à l’autre bout du monde, c’est la culture qui constitue souvent une barrière à l’expatriation en Chine. Il faut bien avouer que dans les médias, la Chine ne jouit pas d’une très bonne réputation. Elle fascine, certes, mais elle effraie aussi : situation politique, censure (NDLR: Vous pouvez utiliser un VPN pour la contourner, chez FRANCE-EXPAT nous utilisons ExpressVPN), habitudes alimentaires étranges, et pollution de l’air alarmante. Tous ces aspects de la vie en Chine m’ont bien effrayé la première fois ! Il faut dire aussi que les clichés ont la vie dure !

Vais-je devoir manger du chien ? Non, bien sûr que non ! Et encore aujourd’hui, on me demande souvent « mais… pourquoi la Chine ? », comme si c’était un choix de vie étrange.

Rencontre policier chinois

Faire face à la culture chinoise peut être un véritable challenge… ou pas.
(Crédits : TheyCallMeStranger)

Paradoxalement, depuis son ouverture au monde, la Chine a souvent eu une réputation d’eldorado pour expatriés. Salaires attractifs, demande de compétences étrangères en perpétuelle augmentation, coût de la vie relativement bas, autant de raisons qui ont attiré ces Laowai en terre exotique.

Aujourd’hui, la hausse du coût de la vie, la qualification de la main d’œuvre locale et le durcissement des politiques d’immigration font que les conditions ne sont plus si alléchantes qu’elles ont pu l’être auparavant. Soyons clair, la Chine est toujours une destination intéressante pour les expatriés, mais peut-être pas pour tous.

Comment obtenir un visa pour travailler en Chine ?

La plus grande difficulté à laquelle on doit faire face lorsque l’on souhaite partir travailler en Chine, c’est l’obtention d’un visa. S’il n’est pas bien compliqué d’obtenir un visa touristique pour voyager en Chine, faire une demande de visa de travail c’est une toute autre histoire ! En effet, les réglementations se sont considérablement durcies ces dernières années.

Plus ou moins de chances selon sa catégorie

Le candidat au visa travail chinois (visa Z) doit désormais, entre autres, justifier d’au moins 2 ans d’expérience professionnelle post-diplôme, et avoir au minimum un bac+3. Récemment, le gouvernement a mis en place un classement par catégories (A, B et C), qui range les candidats selon leurs qualifications à l’aide d’un système à points.

Visas en Chine

La catégorie de visa auquel vous pouvez prétendre dépendra de vos qualifications
(Crédits : Pixabay)

La catégorie A désigne les experts hautement qualifiés dans certains domaines dont la Chine a particulièrement besoin. Ce sont eux que le pays cherche à attirer grâce à des conditions alléchantes et des règles assouplies. Un candidat estampillé par la lettre B se situe dans la catégorie normale, c’est un expatrié qualifié, tout simplement. 

En clair, si vous ne présentez pas les qualifications requises et/ou que vous ne rassemblez pas les critères requis, alors le gouvernement vous classe en catégorie C. En conséquence, il y a de fortes chances que vous rencontriez des difficultés à obtenir votre permis de travail, voire même que l’on refuse votre demande. cela dit, si vous vous situez dans la catégorie B, pas de panique, la procédure est moins effrayante qu’elle n’en a l’air !

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Démarches administratives à effectuer

Le premier document à obtenir est le plus difficile : il s’agit de la notification de permis de travail. C’est l’entreprise qui vous embauche qui doit demander ce document auprès des autorités chinoises. Votre employeur doit justifier que vous être qualifié pour le poste, mais expliquer également pourquoi elle vous engage, et non pas un local.

Par la suite, ce document vous donne le droit de demander un visa de travail (auprès du consulat de Chine dans votre pays de résidence). Puis de recevoir votre permis de travail officiel. Enfin, il vous est possible de faire la demande de permis de résidence, auprès du Public Security Bureau (PSB) de votre ville en Chine. Après cela, normalement vous êtes tranquilles.

Mais face à la difficulté d’obtenir un permis de travail, beaucoup d’étrangers cèdent à la tentation de contourner la loi. Sous la pression d’entreprises peu scrupuleuses, ils travaillent sans visa ou avec un visa non adapté, généralement tourisme ou business. Sachez que vous risquez gros, et les autorités se mettent souvent à la chasse aux étrangers qui travaillent illégalement.

Police chinoise

La police chinoise n’hésite pas à faire la chasse aux travailleurs illégaux
(Crédits : Pixabay)

Quels sont les profils recherchés en Chine ?

Priorité aux profils techniques et peu courants

Comme on peut le comprendre à travers ses réglementations, la Chine cherche toujours à attirer les étrangers. Mais elle les veut davantage qualifiés et à des postes qui ne peuvent être occupés par les locaux. Le gouvernement cherche davantage des compétences rares et techniques. Ainsi, les secteurs qui bénéficient de cette politique sont plutôt à caractère scientifique et technologique. On peut citer notamment le nucléaire, les filières de l’énergie, l’aéronautique, les nouvelles technologies. Par conséquent, les ingénieurs hautement qualifiés sont les profils les plus recherchés par les entreprises.

Cela dit, si comme moi vous n’êtes ni ingénieur ni scientifique, pas de panique ! Il existe tout de même certains secteurs vers lesquels s’orienter pour trouver un poste qui vous convienne ! Les secteurs tels que le commerce, le marketing, la traduction ou l’éducation recrutent encore beaucoup.

Avez-vous le bon profil pour un emploi en Chine ?

Pour le savoir, on vous a préparé :
Le TOP 8 des profils français recrutés par les entreprises en Chine

Pour ces profils, on vous indique :

  • - les diplômes qui ont la côte
  • - les spécialités appréciées
  • - les postes proposés

Avec un seul objectif : l'expatriation !

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Certains domaines d’activité sont donc plus avantagés que d’autres, comme le secteur des services par exemple. Ainsi, il est très difficile de trouver un job de serveur ou de barman avec un visa de travail. En effet, les autorités considèrent que la main d’oeuvre locale peut potentiellement pourvoir ces postes. Dans cette logique, il n’existe pas de visas vacances-travail, ou working holiday, en Chine.

Beaucoup de postes à pourvoir dans l’enseignement

Si il y a un secteur qui est surreprésenté dans les offres d’emploi, c’est bien l’enseignement, notamment des langues étrangères. Par exemple, beaucoup d’étrangers en Chine enseignent l’anglais dans des centres de langues privés. Il y a une forte demande et les recruteurs sont souvent peu regardants, du moment que vous avez une tête d’étranger.

Salle de classe chinoise

Forte demande d’enseignants étrangers en Chine
(Crédits : Pixabay)

Certains expatriés possèdent les qualifications requises pour être prof et gagnent très bien leur vie. Mais ces postes restent majoritairement instables, assez précaires, et surtout illégaux. Il est très difficile d’avoir un visa de travail pour enseigner l’anglais. Plus particulièrement encore quand on n’est pas « native speaker » (anglophone natif) et lorsque l’on n’a pas de qualifications pour ce métier. Cela dit, être enseignant en Chine est une porte d’entrée pour beaucoup d’étrangers, et ça a été mon cas également. 

Comment trouver un emploi en Chine ?

Pas de visa sans travail

Avant d’obtenir un visa pour la Chine, la première chose à faire, c’est de trouver du travail. Pour ma part, j’ai trouvé mon premier emploi sur internet alors que j’étais encore en France.

Entreprises chinoises

Démarcher les entreprises sur place de préférence
(Crédits : Pixabay)

C’était un poste de professeur de Français. Il m’a permis d’être sur place et ensuite de trouver un poste qui me corresponde davantage. Généralement, il est plus simple de démarcher les entreprises chinoises et de trouver un emploi une fois sur place.

En effet, embaucher un étranger qui n’est pas physiquement présent en Chine peut être quelque peu effrayant et démotivant pour une entreprise. Cela dit, si vous trouvez un emploi en étant en Chine, il y a de fortes chances que vous soyez amené à rentrer en France.

En effet, théoriquement, le visa de travail doit être demandé dans votre pays de résidence.

Par conséquent, pour éviter tout souci, n’hésitez pas à consulter les annonces de France-Expat en Chine afin de voir si vous trouvez votre bonheur.

Les domaines proposés sont extrêmement variés : achats, logistique, commerce, marketing, R&D, services, production hôtellerie,…

Le grand avantage : ces offres sont à destination de citoyens français ! Vous êtes donc sûr de ne pas être en compétition avec des anglophones

Développer son réseau professionnel

Enfin, en Chine tout marche aux Guanxi, à savoir, vos relations, vos contacts, votre réseau. Ce n’est pas simplement votre réseau professionnel car le Guanxi est un concept qui s’applique à tous les aspects de la société. En clair, plus on connaît de personnes, plus les choses sont simples. Internet est très important en Chine, et même peut-être davantage développé qu’ailleurs. Les réseaux sont différents, certes, mais ils sont bien présents, et les chinois sont hyper connectés en général.

Ainsi, il n’est pas envisageable de vivre en Chine et de s’intégrer sans avoir un compte WeChat. Aussi appelé Weixin en Chinois, WeChat est une application mobile qui est bien plus qu’un service de messagerie, puisqu’elle fait tout ! Et les Guanxi, cela passe aussi par son répertoire WeChat !

Réseau professionnel en Chine

En Chine aussi, les réseaux professionnels sont un vecteur d’emploi pertinent
(Crédits : Pixabay)

Sur internet, vous verrez beaucoup de sites et d’applications pour trouver un emploi en Chine. La plupart de ces offres sont bien sûr destinées aux chinois. Mais il existe quand même des sites qui répertorient des offres destinées aux étrangers. A noter que Linkedin est accessible en Chine, et c’est grâce à ce réseau que j’ai trouvé mon poste actuel. Je ne peux donc que vous conseiller de mettre votre profil à jour !

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Sont également organisés des salons de l’emploi et des forums destinés aux étrangers. Donc, n’oubliez pas de vous armer de cartes de visites ! Outil important en Chine, elle doit être, si possible, rédigée en anglais et en chinois, et vous prendrez grand soin de la tendre des deux mains !

Faut-il parler le Chinois pour travailler en Chine ?

Non, pas nécessairement. Plus de 70% des étrangers en Chine ne parlent pas un mot de chinois, c’est dire ! Donc, vous survivrez en Chine sans parler chinois.

Cela dit, c’est toujours mieux d’avoir quelques bases en mandarin. Ces connaissances vous valoriseront aux yeux de potentiels employeurs et augmenteront considérablement vos chances de trouver un emploi ! Et même si l’anglais est suffisant pour travailler en Chine, les gens l’emploient peu, voire pas du tout, en dehors des entreprises et des cercles internationaux.

Enseignes chinoises

Avoir quelques notions de mandarin pourra vous être utile au quotidien
(Crédits : TheyCallMeStranger)

Apprendre le mandarin favorisera grandement votre intégration sociale, culturelle, et votre vie de tous les jours. Les chinois sont toujours ravis de rencontrer un étranger qui parle un peu chinois et fait l’effort de l’apprendre !

Bien évidemment, apprendre le Chinois nécessite beaucoup de rigueur et d’investissement. Mais il n’est jamais trop tard pour s’y mettre, et c’est une langue passionnante !

Bonne chance dans vos démarches, 加油 !

N’hésitez pas à poser vos questions, laisser un commentaire et noter cet article

Commentaires
  • Thomas MAGUER Thomas dit :

    Très chouette article ! Ça me donnerait presque envie de tenter ma chance… 🙂

  • Avatar Nathalie dit :

    Bravo Cindy pour ton parcours.
    Tu en as fait du chemin.

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